Orchestrer Claude, au lieu de le piloter à la main.
Passer d'un assistant qu'on pilote message par message à une équipe d'agents qu'on coordonne. Quand sortir /workflows, et la boîte à outils des patterns d'orchestration.
Un agent, c'est un cerveau qui travaille en série.
Une seule fenêtre de contexte, une chose à la fois. C'est parfait pour 80 % du travail — une question, un bug, une petite modif.
Mais certaines tâches débordent : trop large pour un seul contexte, trop de fichiers à balayer, ou il faut plusieurs avis indépendants avant de se décider.
Là, on ne pilote plus un assistant. On cadre une équipe.
Deux briques, à ne pas confondre.
L'agent (sous-agent)
Un sous-traitant à qui on délègue une mission cadrée. Il part avec son propre contexte, fait le travail, et revient avec juste le résultat — pas tout le bruit de sa recherche. Idéal pour fouiller large sans encombrer le fil principal.
Le workflow (l'orchestration)
Une recette qui coordonne plusieurs agents de façon déterministe : qui part en parallèle, qui vérifie qui, ce qu'on relance tant que ce n'est pas fini. Le contrôle est dans le script, pas dans l'humeur du modèle.
Règle simple : un agent = je délègue une mission. Un workflow = je coordonne plusieurs agents avec des boucles, du parallèle et des vérifications.
Quand sortir l'artillerie ?
Toi + un agent suffisent
- Une question, une recherche ciblée
- Un bug isolé, une petite modif
- Tu sais déjà quel fichier toucher
- La réponse tient dans un seul contexte
Trois bonnes raisons
- Être exhaustif — découper et couvrir en largeur, en parallèle
- Être sûr — plusieurs avis indépendants, vérification avant de trancher
- Tenir l'échelle — migration, audit, balayage qui ne tient pas dans un seul contexte
Un workflow peut lancer des dizaines d'agents et consommer beaucoup — on le demande explicitement, on ne le déclenche pas par accident.
Comment ça se déclenche.
Tu le demandes en clair — le mot-clé ultracode, ou simplement « lance un workflow / orchestre ça avec des sous-agents ». Claude écrit le script d'orchestration et le lance en arrière-plan.
Tu cadres l'intention
« Sois exhaustif », « vérifie chaque trouvaille », « un agent par section ».
Claude écrit & lance le workflow
Fan-out, pipeline, boucles — le tout part en tâche de fond, tu n'es pas bloqué.
Tu tapes /workflows
Tu vois l'arborescence des agents progresser en direct, phase par phase.
Tu restes dans la boucle
Tu lis le résultat de chaque phase et tu décides de la suite. Rien ne file en autonomie totale.
Six patterns d'orchestration.
Fan-out
Découper en N morceaux indépendants, un agent chacun, tout en même temps.
Pipeline
Chaque élément traverse toutes les étapes seul, sans attendre les autres. Le défaut.
Vérif adversariale
Pour chaque trouvaille, N sceptiques tentent de la réfuter. On garde ce qui survit.
Loop-until-dry
Relancer des chercheurs tant qu'on trouve du neuf. On s'arrête quand ça sèche.
Jury d'experts
N approches en parallèle, on note chacune, on synthétise à partir de la meilleure.
Balayage multi-angle
Plusieurs agents cherchent autrement : par contenu, par entité, par date. Aveugles entre eux.
Découper, lancer en parallèle, consolider.
Quand les morceaux sont indépendants : 4 recherches, 6 sections d'un deck, 10 fichiers à migrer.
Chaque élément avance seul, sans barrière.
Pas de point de synchro : A est déjà en vérif pendant que C démarre à peine. On ne barre la route que si une étape a vraiment besoin de tous les résultats précédents d'un coup.
Faire réfuter chaque trouvaille.
Un seul agent peut produire un résultat plausible mais faux. La parade : pour chaque trouvaille, lancer plusieurs sceptiques indépendants, chacun chargé de la démolir.
On ne garde que ce qui survit au vote. Variante : donner à chaque vérificateur un angle différent (exactitude, sécurité, « est-ce que ça se reproduit ? »).
Trouvaille
« Ce bug fait planter le paiement »
Sceptique 1
réel ✓
Sceptique 2
réel ✓
Sceptique 3
réfuté ✗
Majorité « réel » → on garde. Sinon, à la poubelle.
Aller jusqu'au bout, ou choisir le meilleur.
Loop-until-dry
Pour une découverte de taille inconnue (bugs, cas limites, idées) : on relance des chercheurs tour après tour, et on s'arrête seulement après K tours sans rien de neuf. Un simple « top 10 » raterait toute la traîne.
Jury d'experts
Quand la solution peut prendre plusieurs formes : générer N approches sous des angles différents (rapide, prudent, ambitieux), les noter en parallèle, puis synthétiser à partir de la gagnante en greffant les bonnes idées des autres.
Ces briques se combinent : un fan-out qui cherche, un loop-until-dry qui insiste, une vérif adversariale qui filtre, une consolidation qui assemble.
Produire une présentation, de bout en bout.
Tu cadres (sujet, public, plan), tu lis chaque phase via /workflows, tu valides avant la consolidation. Ce deck-ci aurait pu naître exactement comme ça.
Quatre garde-fous, et c'est parti.
Opt-in explicite
Des dizaines d'agents = du coût. On le demande, on ne le subit pas.
Pipeline par défaut
Pas de barrière inutile. On ne synchronise que si une étape a besoin de tout d'un coup.
Vérifier avant de croire
Pour les enjeux, faire réfuter. Le plausible n'est pas le vrai.
Pas de coupe silencieuse
Si on plafonne (top-N, échantillon), on le dit. Sinon « 3 sur 50 » se lit « tout vu ».
Tu ne tapes plus une commande.
Tu cadres une équipe.